Le premier ministre Mark Carney et le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, ont présenté le budget, le 5 novembre 2026, à Ottawa.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
« Nous avons assurément obtenu une grande partie de ce que nous avions demandé », reconnaît d’emblée la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak.
La cheffe de l’APN a exprimé sa gratitude au premier ministre et au ministre des Finances pour ce changement de cap
. Un revirement qui, selon elle, est directement lié à la présence de Mandy Gull-Masty, la première Autochtone à la tête du ministère des Services aux Autochtones.Je tiens à la remercier d’avoir fait pression sur le Conseil des ministres pour garantir un financement stable et prévisible sur dix ans, destiné à répondre à bon nombre des besoins fondamentaux des Premières Nations
, souligne Cindy Woodhouse Nepinak.
Ce financement à long terme dans le logement (nouvelle fenêtre) et les infrastructures nous aide à planifier pour l’avenir
, ajoute-t-elle.
La crise de logement touche particulièrement les communautés au Canada.
Photo : Radio-Canada / Ximena Sampson
Le gouvernement de Mark Carney a annoncé jeudi qu’il consacrerait 32 milliards de dollars sur 10 ans pour réparer (nouvelle fenêtre), remplacer et bâtir des infrastructures destinées aux Premières Nations.
Quelque 11 milliards de dollars iront à l’entretien, à la rénovation et à la construction des logements, tandis que 18,5 milliards de dollars serviront à la construction de routes, de ponts et d’écoles.
L’Assemblée des Premières Nations et le Conference Board du Canada estiment qu’il faudrait environ 375 milliards de dollars pour combler l’écart en matière d’infrastructures entre les communautés des Premières Nations et le reste du Canada.
Cet enjeu était la priorité pour l’APN.
Pour sa part, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) a réagi brièvement, en attendant de prendre plus connaissance des détails du budget. L’organisation souligne l’importance des mesures annoncées, notamment en éducation, en itinérance, en infrastructures et en sécurité publique.Certaines mesures semblent prometteuses, mais des précisions demeurent nécessaires
, écrit l’organisme, tout en soulignant qu’il est encore prématuré de se prononcer sur l’administration de ces enveloppes dans nos communautés
.
L’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), qui représente les quatre gouvernements inuit disposant de traités avec la couronne, accueille favorablement l’annonce de 575 millions sur cinq ans afin de créer un programme de remplacement permanent, géré par les Inuit, de l’initiative Les enfants inuit d’abord
, l’équivalent du principe de Jordan.
Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami. (Archives)
Photo : CBC / Kate KyleLe financement de Pirutsiagutiit [le nouveau programme], annoncé dans le budget fédéral [de jeudi], constitue une étape importante de notre travail avec le Canada en vue d’instaurer l’équité pour les Inuit. Ce programme a le potentiel de transformer la vie des enfants inuit, et nous nous réjouissons à la perspective d’une collaboration soutenue pour veiller à ce qu’il tienne ses promesses
, a déclaré Natan Obed, président de l’ITK.
L’ITK s’est toutefois dite déçue par l’absence de mention spécifique concernant le financement de réformes qui mèneraient à l’élimination de l’insécurité alimentaire dans l’Inuit Nunangat ((le nom que donnent les Inuit aux territoires qu’ils habitent : le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavik et le Nunatsiavut, dans le nord du Labrador).
Dans son mémoire prébudgétaire, l’ITK avait demandé la création d’un crédit d’impôt remboursable (nouvelle fenêtre) de 7500 $ afin d’aider les Inuit à faire face au coût de la vie dans le Grand Nord. Rien n’a cependant été annoncé sur cette question.
Aucune mention non plus sur le financement de logements et d’infrastructures dans le territoire. L’ITK réclamait qu’Ottawa investisse 1 milliard de dollars sur cinq ans pour instituer un fonds spécifique.
Enfin, l’ITK déplore qu’il n’y ait pas de mesures particulières pour l’élimination de l’itinérance dans l’Inuit Nunangat.Au-delà du financement bienvenu accordé à Pirutsiagutiit, la viabilité à long terme de nos communautés n’est pas prise en compte dans ce budget. […] L’absence d’investissements visant à bâtir des communautés inuit en santé constitue un risque pour le pays
, a indiqué M. Obed, soulignant que les Inuit soutiennent la souveraineté du Canada
.
C’est un tout autre son de cloche du côté de l’Association nationale des centres d’amitié (ANCA). L’association, qui aide les Autochtones en milieu urbain partout au pays, estime que les investissements annoncés dans le budget permettront de faire progresser les priorités communes et d’améliorer les conditions de vie des Autochtones vivant en milieu urbain
.
Plus de la moitié des Autochtones au pays vivent dans des villes. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Boulianne
Les investissements prévus dans le budget de 2026 rejoignent plusieurs des grandes priorités défendues par l’ANCA dans son mémoire prébudgétaire
, considère sa directrice, Jennifer Rankin, dans un communiqué.
Bien qu’aucun financement particulier n’ait été alloué aux centres d’amitié, les priorités annoncées par le gouvernement correspondent étroitement aux recommandations de l’ANCA concernant les infrastructures communautaires, le développement de la main-d’œuvre, la gestion des urgences et le renforcement des services dirigés par les Autochtones, note l’organisme. Le budget de 2026 ouvre des perspectives importantes pour les communautés autochtones en milieu urbain et pour le Mouvement des centres d’amitié
, souligne Jennifer Rankin, directrice générale de l’ANCA. […] Nous accueillons avec optimisme les possibilités qui se dessinent et la perspective de donner une nouvelle impulsion au travail essentiel déjà entrepris.
De son côté, la présidente du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ), Tanya Sirois, estime que le budget fédéral envoie des signaux positifs quant à l’importance des organisations autochtones contribuant au mieux-être des Premières Nations et des Inuit
et que plusieurs des orientations annoncées font écho aux priorités qu’il a portées dans le cadre des consultations prébudgétaires
.
Le RCAAQ souligne toutefois l’absence de mesures additionnelles pour le logement autochtone en milieu urbain, alors que la majorité des Autochtones au pays vivent dans des villes.
La Fédération des Métis du Manitoba (FMM) s’est dite consternée par l’absence de financement particulièrement destiné aux Métis.
La seule mention des Métis dans le budget de jeudi est en lien avec une enveloppe de 806 millions de dollars sur cinq ans pour la mise en œuvre d’une loi sur la protection de l’enfance, adoptée sous le gouvernement Trudeau.
Le président de la Fédération des Métis du Manitoba, David Chartrand. (Archives)
Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Le président de la FMM, David Chartrand, affirme qu’il ne fait aucun doute
que les citoyens métis de la rivière Rouge seront fâchés de voir leurs besoins ignorés
.
Pour sa part, Victoria Pruden, présidente du Ralliement national des Métis (RNM), a déclaré dans un communiqué que, malgré les engagements affichés du gouvernement envers les peuples autochtones et en faveur de la réconciliation économique, les gouvernements métis sont considérés comme une préoccupation secondaire plutôt que comme des partenaires dans l’avenir du Canada
.
Le gouvernement, écrit-elle, n’a pas pris en compte les solutions pratiques, autodéterminées et menées par les Métis qui renforceraient les gouvernements métis tout en contribuant à la croissance du Canada
.
Le RNM veut s’assurer que les montants prévus dans le budget pour la construction de logements, pour le projet pilote alerte robe rouge
, pour la stratégie en matière de justice autochtone et pour le fonds de partenariats pour la préparation de la main-d’œuvre autochtone, entre autres, sont répartis équitablement.
Les ventes de Tesla ont aussi été plombées, entre autres, par son engagement au sein du gouvernement Trump.
À Windsor et à Détroit, les acteurs de l’industrie automobile espèrent voir du changement.
Le 17 octobre, un incendie mortel a touché la base militaire de Wainwright, en Alberta.
L’Ontarien The Weeknd a clôturé jeudi à Kuala Lumpur une tournée de 176 concerts dans 30 pays.
Le baril militaire retrouvé près de Montmagny sera scruté à la loupe par le ministère de l’Environnement.
Où que vous soyez dans le monde, prenez le pouls de l’actualité canadienne.
Radio Canada International est le service multilingue de CBC/Radio-Canada qui vous permet d’explorer et, surtout, de comprendre et de prendre du recul sur la réalité de la société canadienne, ainsi que sur ses valeurs démocratiques et culturelles.
Vous pouvez nous écrire à l’adresse suivante :
Tous droits réservés © Société Radio‑Canada 2026